| > Epidémiologie
Depuis l’année 2002, le SIDA est considéré comme une pandémie globale, ne montrant aucun signe de ralentissement.
- Dans le monde
Estimation de la répartition des séropositifs fin 2004

Les dernières estimations fournies par le rapport ONUSIDA portent à :
- 40,7 millions le nombre de personnes séropositives recensées dans le monde fin 2006
- 4,3 millions le nombre de personnes nouvellement séropositives en 2006
- Plus de 3,1 millions le nombre de personnes décédées du SIDA en 2006
- Plus de 25 millions le nombre de décès depuis le début de la maladie en 1981 dont 2,9 millions en 2006
Nous notons :
- Une certaine stabilisation du taux d’infection
- La rapidité de la propagation de l’épidémie en Europe orientale et en Asie
- Alors que dans les premières années l’épidémie touchait principalement les consommateurs de drogues injectables,
les hommes homosexuels, les travailleurs sexuels
et leurs partenaires, ce n’est plus le cas aujourd’hui où la majorité des contaminations sont hétérosexuelles
- En France
Fin 2005
- Environ 150 000 personnes vivaient avec le VIH
- 6 700 nouvelles contaminations ont été recensées
- 40 000 personnes seraient porteusesde ce virus sans le savoir
En 2007
- Plus de 50 % des nouveaux diagnostics concernent des personnes contaminées par rapports hétérosexuels
- 27 % par rapports homosexuels
- Les femmes représentent 38% des nouvelles infections diagnostiquées
- 12 % des nouvelles contaminations concernent les jeunes de 15 à 24 ans
- La France est le pays européen qui réalise le plus grand nombre de tests de dépistage (84 pour 1000 habitants)
- En termes de nombre de sérologies positives rapportées à la population, la situation de la
Guyane reste particulièrement alarmante avec un taux 3 fois plus élevé
qu’en Guadeloupe et 5 fois plus élevé qu’en Île-de-France.
> Physiopathologie du virus VIH-1
- Sa structure
Ce virus possède un matériel génétique ARN accompagné de quelques protéines dans deux coques protéiques « les capsides », elles mêmes entourées
par une membrane portant des protéines spécifiques.
Structure du VIH-1
Deux types de VIH sont à distinguer : le VIH -1 et le VIH-2. Ils sont très proches. Le VIH-1 étant de loin le plus répandu,
c’est lui qui sera décrit dans ce livret.
Il se transmet essentiellement par les fluides corporels : les sécrétions génitales, le sang, le lait. La transmission est aujourd’hui majoritairement sexuelle.
- La structure du génome viral
Le génome du virus du SIDA se compose d’un ARN simple brin de 9 181 nucléotides.
Il comporte 3 gènes principaux : Gag, Pol, et Env. ainsi que des gènes de régulation de petite taille. Il comporte des séquences spécifiques à ses extrémités :
5’UTR et 3’UTR.
Une fois retranscrit sous la forme d’un ADN double brin, il s’exprime par le biais de deux ARN messagers qui aboutissent à la synthèse de 3 protéines.
Ces dernières sont ensuite clivées par des protéases qui aboutissent aux différentes protéines virales qui assemblées permettent la formation de nouveaux virions.

- Le cycle viral du VIH
Le virus du SIDA, présent dans le sang, est capable de se fixer à des cellules particulières du système immunitaire : les lymphocytes T4. Ils sont ainsi
nommés car ils portent la protéine transmembranaire CD4 qui intervient avec la protéine gp 120 du virus pour la fixation de ce dernier.
À partir de cette fixation, le matériel génétique du VIH peut pénétrer dans le lymphocyte. L’ARN du virus est alors rétrotranscrit en ADNc double brin qui s’intègre
au génome de la cellule hôte. Après être de nouveau transcrit en ARN messagers, il y a fabrication des protéines du virus puis de nouveaux virions qui
s’entourent d’une membrane héritée de la cellule infectée. Ceci permet la libération de nouveaux virus dans le sang.
Évolution de l’infection par le VIH

- La variabilité du VIH
On distingue 2 types de VIH : le VIH-1 et le VIH-2. Pour chaque type, il est possible de dégager un certain nombre de sous-types.
Pour le VIH-1, il existe 9 sous-types. Ces derniers peuvent être corrélés à des zones géographiques.
Deux mécanismes entrent en jeu pour expliquer cette variabilité :
- La réverse transcriptase a un taux d’erreur élevé ce qui correspond à des mutations par cycle de réplication
- Le taux de renouvellement du virus est très élevé
Tout ceci rend très difficile l’élaboration d’un vaccin. Ainsi, lorsque le système immunitaire est encore fort, on observe un grand nombre de variants
dus aux mutations. Le virus déborde le système immunitaire qui est alors détruit.
- Évolution du virus
On distingue 3 phases lors d’une infection par le virus du SIDA.
1 . La primo infection : elle se situe juste après la contamination par le VIH.
Le nombre de virus présents ou charge virale augmente fortement puis diminue rapidement du fait de la réponse du système immunitaire
qui est donc protectrice. Il se produit l’installation d’un fort taux d’anticorps anti VIH qui se maintient longtemps.
2 . La phase asymptomatique ou pré-Sida : l’individu ne présente aucun symptôme de la maladie et le nombre de virus n’augmente que très légèrement. Malgré
le contrôle de la maladie par le système immunitaire, les lymphocytes LT CD4 sont progressivement détruits
par le virus traduisant l’attaque sournoise du VIH.
La chute des anticorps marque le début de l’immunodépression liée à la mort des LT CD4.
Le Sida : le système immunitaire est débordé. Le nombre de virus augmente fortement et les symptômes apparaissent. Les LT CD4 disparaissent quasiment ainsi
que les anticorps. La mort emporte le malade en général par des infections opportunistes.
Évolution de l’infection par le VIH

> Classification de la maladie
- En stades cliniques proposés par l’OMS
Stade clinique 1
- Patient asymptomatique
- Adénopathies persistantes généralisées
Stade clinique 2
- Perte de poids inférieure à 10% du poids corporel
- Manifestations cutanéomuqueuses mineures (dermite séborrhéique, ulcérations buccales récurrentes)
- Zona au cours des 5 dernières années
- Infections récidivantes des voies respiratoires supérieures
Stade clinique 3
- Perte de poids supérieure à 10 % du poids corporel
- Diarrhées chroniques inexpliquées pendant plus d’un mois
- Fièvre prolongée inexpliquée pendant plus d’un mois
- Candidose buccale (muguet)
- Leucoplasie chevelue buccale
- Tuberculose pulmonaire dans l’année précédente
- Infections bactériennes sévères (pneumopathies)
Stade clinique 4
- Pneumocystose
- Toxoplasmose cérébrale
- Maladie de Kaposi
- Lymphome
- Mycobactériose atypique généralisée, et plus généralement toute affection grave apparaissant chez un patient infecté par le VIH,
ayant une baisse importante de son immunité (taux de CD4 inférieur à 200/ mm3)
- Par CDC (Centers for Diseases Control) classification modifiée en 1993
Catégorie A
- Séropositivité aux anticorps du VIH en l’absence de symptômes
- Lymphadénopathie généralisée persistante
- Primo-infection symptomatique
Catégorie B
- Manifestations cliniques chez un patient infecté par le VIH, ne faisant pas partie de la catégorie C et qui répondent au moins à l’une des conditions suivantes
- Elles sont liées au VIH ou indicatives d’un déficit immunitaire
- Elles ont une évolution clinique ou une prise en charge thérapeutique compliquée par l’infection VIH (stade 2 ou 3 OMS)
Catégorie C
- Cette catégorie correspond à la définition du sida chez l’adulte ; les critères cliniques sont donc les mêmes que le stade clinique 4 de l’OMS
> Une maladie chroniquement mouvante
Plus de 20 années se sont écoulées depuis la toute première utilisation du premier anti-rétroviral pour le plus grand bonheur des patients qui ont vu leur
pronostic complètement bousculé.
Cette affection, devenue chronique, accompagne maintenant toute la vie du patient. Le VIH n’est plus une menace à court terme mais de nouvelles
interrogations se posent.
- La place des co-morbidités devient croissante
L’hépatite C
Elle affecte jusqu’à 40 % des patients séropositifs VIH. Cette co-infection devient une cause majeure de décès dans cette population.
L’hépatite B
La tuberculose
- Les complications des traitements anti-rétroviraux
- Complications métaboliques
- Diabète
- Hyperlipidémie
- Lipodystrophie
- Un risque cardiovasculaire accru
- Les cancers
Ils apparaissent en progression chez les séropositifs VIH car :
- Cette population vieillit
- Elle est plus exposée à certains virus cancérigènes (ex papilloma virus)
- Certains comportements (tabac, alcool,…)
- Sur des décennies, cette population subit un dérèglement des fonctions immunitaires
|