- Les lymphocytes CD4
Les cellules CD4 sont des lymphocytes T qui organisent la réponse du système immunitaire contre les bactéries, les virus …
Le taux de CD 4 :
- Est la mesure des cellules CD 4 dans 1 mm3 de sang
- Chez les personnes séropositives VIH, le taux de CD 4 diminue avec les années car le virus VIH infecte les cellules CD4 qui se détruisent tous les jours
- Chez une personne séronégative VIH, le taux CD 4 se situe entre 500 et 1200
- Chez un séropositif VIH, le taux de CD 4 :
| | Entre 500 et 350 indique un système immunitaire un peu endommagé |
| | Entre 350 et 250 : discussion d’un traitement |
| | Moins de 250 - 200 : début de traitement |
L’information la plus importante du taux de CD 4 concerne donc l’état général du système immunitaire qui décline en cas d’aggravation de l’infection
ou augmente en cas de diminution de la maladie.
- La charge virale
La charge virale détermine la quantité de VIH du sang. Les examens de la charge virale évaluent le nombre de particules de VIH tout en cherchant ses gènes
qui s’appellent ARN VIH.
Le niveau de la charge virale, en conjonction avec d’autres indicateurs, aide à la décision de traitement.
La charge virale indique le nombre de « copies » d’ARN VIH par ml.
Les changements de charge virale sont quelquefois exprimés en utilisant une échelle logarithmique.
Si la charge virale chute de 100 000 à 10 000, c’est une réduction de 1 log.
Si la charge virale chute de 100 000 à 1 000, c’est une réduction de 2 log.
> Les médicaments
L’arsenal thérapeutique contre le VIH s’étoffe et plus d’une vingtaine de médicaments anti-rétroviraux sont disponibles en 2007 et agissent d’une part sur
deux enzymes nécessaires à la réplication du virus, et d’autre part sur les mécanismes d’entrée du virus dans la cellule. Ces médicaments sont très actifs
et permettent de contrôler la réplication du virus. Cependant aucun ne permet son élimination et donc la guérison des sujets infectés.
Quelques lieux de traitements contre le virus du SIDA

- Les inhibiteurs de la transcriptase inverse
Les inhibiteurs de la transcriptase inverse empêchent
la synthèse d’ADN proviral (celui qui permet la duplication du virus) à partir de l’ARN viral. On trouve dans cette classe :
Les inhibiteurs nucléosidiques (INTI)
Ils ont constitué la première classe d’anti-rétroviraux mise sur le marché en 1985 aux USA. Ils comprennent la zidovudine (AZT), la didanosine, la zalcitabine,
la stavudine, la lamivudine, l’abacavir et l’emtricitabine. Les mutations de la transcriptase inverse confèrent une résistance aux INTI qui peut être croisée
entre plusieurs INTI. Ces composés sont tous neutres ou réducteurs, à l’exception de l’AZT qui est un oxydant.
Les inhibiteurs non nucléosidiques (INNTI)
Ce sont des inhibiteurs puissants et très sélectifs de la transcriptase inverse du VIH. On trouve dans cette classe : la nevirapine et l’efavirenz. Ils ne
sont actifs que sur les VIH-1. Ils sont métabolisés en phénols par oxydation.
Les analogues nucléotidiques
Il s’agit du ténofovir, composé organophosphoré, mis sur le marché en 2002.
- Les inhibiteurs des protéases (IP)
La classe des inhibiteurs des protéases ou IP est une classe d’anti-rétroviraux mise sur le marché en 1996. Elle a constitué un tournant majeur dans les
stratégies thérapeutiques contre le VIH. Ils agissent en inhibant l’action de la protéase virale qui permet le clivage et l’assemblage des protéines
virales, processus indispensable à l’obtention des virus infectieux. On obtient alors des virions incapables d’infecter de nouvelles cellules.
Les IP sont actifs sur le VIH-1 et le VIH-2 et ne créent pas de résistance croisée avec les INTI ou les INNTI.
- Les inhibiteurs de fusion et d’entrée
Parmi les inhibiteurs de fusion, plusieurs produits sont à l’étude. Seul l’enfuvirtide est actuellement sur le marché. Il agit au premier stade de la
réplication du virus en empêchant la fusion entre le virus/cellule par inhibition compétitive. Son mode d’administration est injectable par voie sous-cutanée.
- Les immuno-modulateurs
Ces médicaments agissent sur l’immunité de la personne, avec en principe, peu ou pas d’action antivirale directe. Ce sont les interférons, les
interleukines …
> Choix thérapeutique
Trithérapie :
en fonction du stade clinique, du taux de lymphocytes T CD 4 et de la charge virale VIH, le traitement anti-rétroviral comprend actuellement 3 médicaments.
En général : 2 inhibiteurs nucléosides de la transcriptase inverse, associés à un inhibiteur de protéases ou à un inhibiteur non nucléoside de la transcriptase
inverse ou parfois un troisième inhibiteur nucléoside de la transcriptase reverse. Un inhibiteur de fusion y est éventuellement associé.
Le traitement anti-rétroviral
est débuté lorsque les sujets ont des signes cliniques d’immunodépression ou lorsque le taux de lymphocytes T CD 4 est inférieur à 200 par mm3. Pour les sujets
ayant un taux de lymphocytes T CD4 entre 350 et 200 mm3, la charge virale et la vitesse de chute des lymphocytes seront prises en compte.
> Prévention
Il n’existe malheureusement pas de vaccin efficace. Seul le préservatif offre une protection efficace lors des rapports sexuels. Les dons de sang font
l’objet d’une sélection de donneurs, de dépistages systématiques et de traitements spécifiques. La prévention se fait aussi par l’utilisation de seringues à
usage unique en toute occasion, en particulier en cas de toxicomanie intraveineuse ou traitement substitutif.
> Protection naturelle contre le VIH / Sida
Malgré une exposition répétée sur plusieurs années au VIH – 1, certains individus restent séronégatifs. Entre 5 à 15 % des individus de différentes
populations à risque (partenaires réguliers de sujets séropositifs, prostituées, toxicomanes par voie intraveineuse) ne montrent pas de signe apparent
d’infection. Ces individus sont dits « exposés non infectés ». Les recherches de l’Institut Pasteur suggèrent l’implication de certaines cellules de notre
système immunitaire, les Natural Killers (NK) dans cette résistance à la transmission du virus. Ces cellules se trouvent augmentées chez les exposés non
infectés. Les NK pourraient sécréter des molécules inhibitrices de l’infection par le VIH et seraient capables de détruire des cellules infectées. Les NK font
partie de la première ligne de défense contre les microbes : c’est l’immunité innée et non adaptative. Ces études posent de nouvelles bases de réflexion sur les
stratégies vaccinales contre le VIH/Sida.
LA RECHERCHE
- Septembre 2007
La recherche de nouvelles armes anti-sida se concentre désormais sur une classe d’anti-rétroviraux visant à empêcher le virus de pénétrer dans les
cellules du système immunitaire. La cible est le récepteur CCR 5, sorte de clé à la surface des cellules lymphocytaires, utilisée par le virus VIH pour
se coller à la surface des cellules avant de s’immiscer à l’intérieur afin de produire des copies.
Le produit le plus avancé dans cette nouvelle classe de molécule est le Celsentri. Le laboratoire Pfizer étudie l’innocuité et l’efficacité de ce traitement
en complément des thérapies traditionnelles.
Son homologation va rendre possible sa commercialisation prochaine.
Le Vicriviroc, lancé par le laboratoire Schering montre que ce neutralisateur du récepteur CCR 5 avec des anti-rétroviraux classiques est efficace et durable.
Malheureusement ce traitement a été stoppé pour des problèmes de toxicité hépatique.
Un laboratoire de Virginie tente également de neutraliser de façon permanente le récepteur CCR 5. Ils modifient le gène qui code pour la protéine et des essais
cliniques vont commencer.
Le laboratoire Merck annonce l’arrêt de ses essais pour un vaccin considéré comme prometteur. Le V 520 a montré son
inefficacité dans la contamination du VIH. Il visait à stimuler les lymphocytes T.
- Octobre 2007
Des chercheurs découvrent le rôle pivot d’un petit groupe de micro-ARNs cellulaires pour maintenir la latence du VIH dans les lymphocytes T CD 4 quiescents.
Non seulement ils ont identifié ce mécanisme de latence, mais ils proposent de purger les réservoirs cellulaires du VIH : l’inhibition de ces micro ARNs.
Des chercheurs de Boston ont également découvert une expression du récepteur CTLA 4 des CD4 chez les sujets infectés. L’inhibition in vitro de CTLA 4 améliore
la fonction immune. Dès lors, diminuer la réception du récepteur CTLA 4 sur les cellules CD 4 pourrait constituer un traitement pour améliorer la fonction
lymphocytaire des sujets infectés.
Il faut tenir compte du profil génétique du patient qui peut faire varier considérablement le pronostic de cette
affection.
« Ce n’est pas la charge virale elle–même, mais plutôt l’interaction entre le virus et les facteurs personnels de son hôte qui transforme
une maladie bénigne en maladie mortelle » relèvent des chercheurs américains :
- Certaines mutations génétiques concernant le corécepteur CCR 5, une des principales portes d’entrée du virus dans les cellules CD 4, jouent un rôle protecteur.
- Le nombre de copies du gène CCL 3L1, à l’origine de la fabrication de la protéine du même nom qui empêche le VIH de se fixer sur les récepteurs CCR 5.
Pour rappel en 2007 :
+ de 40 millions de personnes infectés dans le monde
+ de plus de 4 millions de nouveaux cas chaque année dont 90%
dans les pays en développement
+ de 25 millions de décès dans le monde en 25 ans.
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