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Feux de forêts : CCR améliore la modélisation de la propagation pour une meilleure anticipation

Cet article est extrait du
Rapport Scientifique 2024 de CCR

Avec la montée en intensité des feux de forêts, notamment dans le sud de la France, les besoins en modélisation deviennent critiques. Le modèle de propagation des feux de forêts développé par CCR depuis 2019 a fait l’objet de nouveaux travaux en 2023, visant à le valider et à l’améliorer sur des bases physiques plus réalistes.

Les évolutions proposées permettent une meilleure prise en compte des facteurs déterminants de la propagation des flammes : vent, type de sol, pente. Ces améliorations ont été testées à l’aide de méthodes de télédétection et d’indicateurs objectifs pour comparer les simulations aux zones réellement brûlées.

Contexte : des feux plus fréquents et plus destructeurs

Selon l’Observatoire Permanent des Catastrophes Naturelles, l’année 2022 a marqué un record en Europe en matière de surfaces brûlées, avec des chiffres doublant la moyenne 2006–2021.

La dynamique des incendies évolue, avec des phénomènes proches des « méga-feux » observés en Amérique du Nord ou en Australie.

C’est dans ce contexte que la CCR poursuit ses travaux de modélisation, dans le but de construire un outil robuste permettant d’estimer l’aléa feu de forêt et de modéliser sa propagation à partir d’un point d’ignition.

Méthodologie : un modèle physique enrichi

Trois versions du modèle de propagation

Le modèle CCR repose désormais sur trois versions successives :

Ces versions s’appuient sur les travaux de Freire et al. (2018) qui insistent sur l’impact du vent, du type de combustible et de la pente sur la propagation du feu.

Validation par télédétection : méthode dNBR

Pour valider les performances des modèles, CCR a utilisé la méthode du dNBR (delta Normalized Burn Ratio), recommandée par le USGS, qui permet d’évaluer la sévérité des incendies via la télédétection.

Cet indice compare les signatures spectrales des surfaces avant et après incendie pour identifier les zones réellement brûlées.

Les zones avec un dNBR > 0.01 sont considérées comme impactées par le feu et servent de référence de validation pour évaluer la performance des simulations.

Évaluation des modèles : analyse statistique

Méthode : tableau de contingence

Une grille binaire (brûlé / non brûlé) est utilisée pour construire un tableau de contingence, à partir de 100 simulations par version du modèle. Les catégories d’analyse sont :

Indicateurs de performance utilisés

Les principaux indicateurs retenus sont :

Résultats comparés

Les résultats révèlent une nette amélioration des performances grâce aux nouvelles versions :

Un modèle plus réaliste, mais encore perfectible

L’enrichissement physique du modèle (vent, pente, topographie) permet de passer d’un cadre empirique à une approche plus réaliste, améliorant la qualité des simulations.
Néanmoins, des pistes de perfectionnement sont envisagées :

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