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Replay Les impacts du dereglement climatique lors du webinaire Climat Spatial et Assurance organise par Connect by CNES - CCR (CCR)

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null Replay Les impacts du dereglement climatique lors du webinaire Climat Spatial et Assurance organise par Connect by CNES

Replay "Les impacts du dérèglement climatique" lors du webinaire Climat, Spatial & Assurance organisé par Connect by CNES

08/12/2020

Pour en savoir plus sur l'événement et consulter le replay des autres interventions : https://www.assurances-connectbycnes.fr/#/presentation

 

Laurent Montador  Laurent Montador, DGA CCR, animateur de la table ronde

« CCR est un réassureur qui appartient à l'Etat à 100% et qui fait de la réassurance publique sur des risques qui sont jugés non assurable selon une logique de solidarité où tout le monde puisse être couvert et notamment c'est un peu le sens du régime catastrophes naturelles en France. [...]

C'est vrai que le métier d'assureur a été beaucoup basé sur des techniques d'actuariat qui ont eu tendance à regarder un peu dans le rétroviseur pour prédire l'avenir mais force est de constater que l'on a des problèmes peut-être de stationnarité, de non-linéarité due à des changements de paradigme qui sont subis, due à ce réchauffement climatique. Alors, les assureurs ont développé leurs compétences, la compétence des actuaires avec de la modélisation, de l'ingénierie sur la compréhension des phénomènes physiques, de telle manière à pouvoir modéliser de manière déterministe des évènements possibles ou qui sont en cours de survenance ou qui sont survenus dans le passé. Et puis aussi des catalogues d'évènements probabilisés, donc, avec des simulations probabilistes et ce qu'on peut appeler après des périodes de retour qui amènent à des coûts potentiels pour les assureurs.

Mais c'est vrai que face à ces non-linéarités, non-stationnarité qu'on observe de plus en plus, l'assurance est en questionnement à la fois parmi les assureurs, les clients ou les citoyens. Et il y a des besoins d'adaptation, de régimes catastrophes naturelles, de calamités agricoles, à un moment où on voit aussi naître un paradoxe avec des risques de plus en plus grands, et avec aussi une croissance de la demande de protection totale de plus en plus élevée.

Des événements qui étaient jugés n'arrivaient qu'une fois tous les 100 ans, on voit que finalement, tous les 10 ans, 20 ans et même parfois de manière plus courte surviennent avec des conséquences dramatiques qui n'avaient pas été imaginées jusqu'alors. Et donc, on arrive à des limites dans l'assurabilité parfois sur certains périls ou sur certaines régions. Et puis aussi des limites dans les possibilités budgétaires que l'on que l'on peut voir au niveau des niveaux des sociétés.

Alors, pour débattre de tout cela, j'ai avec moi un trio d'experts qui sont des spécialistes dans leur domaine. On a bien évidemment notre expert de la météorologie, Jean-Michel Soubeyroux, Directeur Adjoint de la Climatologie et Services Climatiques à Météo-France. Nous avons un expert du monde du spatial avec Stijn Vermoote qui est Head of Section User Engagement à Copernicus Services. Et puis notre ami Jean-Louis Charluteau, Directeur réassurances chez Generali - Climate Lab' qui est une initiative assez formidable avec aussi le pilotage de projets techniques.

Jean-Michel, je sais que vous avez fait une étude "ClimSec" sur les impacts du changement climatique, notamment basé sur la sècheresse et le phénomène de retrait gonflement des argiles qui provoquent des fissures importantes dans les maisons, notamment des particuliers.

Est ce qu'on est déjà dans une phase où on ne va faire que battre des records chaque année ?

 

Jean-Michel Soubeyroux Jean-Michel Soubeyroux, Directeur adjoint de la climatologie et services climatiques, Météo France

« Depuis les 5 dernières années, on peut dire qu'on est vraiment dans une phase d'accélération du changement climatique à l'échelle planétaire.

Je me rappelle qu'il y avait une communication sur le précédent rapport du GIEC où on parlait de réchauffement au niveau planétaire de 0,85° degré. On s'arrêtait en 2012 et aujourd'hui, on en est à 1,1°C. Donc vraiment, les choses se sont bien accélérées. Et cette accélération du changement climatique, avec effectivement des années qui se succèdent, toujours plus chaudes les unes que les autres au niveau planétaire, s'est aussi associées à un nombre assez important de catastrophes, que ce soit les sècheresses, les cyclones. On a vu des incendies, on a eu la fonte de la banquise. On a vraiment toute une collection d'évènements extrêmes qui sont en lien avec le changement climatique.

La France n'échappe pas du tout à cette évolution. On a réévalué très récemment le niveau de réchauffement des températures en France, qui atteint 1,7°C maintenant depuis le début du 20ème siècle. Et on est bien parti pour que l'année 2020 soit le nouveau record de chaleur en France. On a une grande avance par rapport à 2018. Lors de l'année 2020, on a vu aussi un certain nombre d'événements extrêmes, que ce soit la sécheresse délitée, plusieurs vagues de chaleur extrême. On a eu des événements de pluie méditerranéenne assez catastrophique, tant sur le Gard que sur les Alpes-Maritimes. Tous ces phénomènes-là sont bien en lien avec le changement climatique.

Alors, pour la prochaine décennie, évidemment, il y a toujours une part de variabilité naturelle dans le système climatique terrestre, toutes les années ne seront pas plus chaudes que la précédente, mais ce que nous donne maintenant toutes les modélisations climatiques [...] c'est que l'on sait que la température va continuer à augmenter au cours au moins des deux prochaines décennies, surement 1°C voir peut-être plus.

Ça dépend des mesures fortes que l'on prendra ou que l'on n'arrivera pas à prendre, et donc que les catastrophes vont continuer à augmenter en intensité parce qu'avec le réchauffement, il y a aussi une intensification du cycle de l'eau. On a des cyclones plus violents dans les régions tropicales. On a des sécheresses plus intenses, des vagues de chaleur et des pluies extrêmes. Donc le panorama est préoccupant effectivement.
 

« Effectivement, on voit vraiment des extrêmes avec des situations paradoxales qui font énormément d'eau et énormément de pluie dans des endroits et puis dans ces mêmes endroits, une autre période, énormément de sécheresse et un déficit hydrique très important.

Jean-Louis, que constatent les assureurs ? Que subissent les sinistrés ? Vous pourriez nous dire quelques éléments ?

 

Jean-Louis Charluteau Jean-Louis Charluteau, Directeur réassurance, Generali Climate Lab’ et pilotage projets techniques, Generali France

«Les assureurs constatent souvent après l'évènement et indemnise. Ça représente une charge importante, de plus en plus lourde, appelée à être multipliée par deux dans les 20 prochaines années selon les estimations les plus récentes.

En fait, ce qu'il faut comprendre, c'est que l'assurance aujourd'hui est un instrument fabuleux de résilience. D'ailleurs, les entreprises qui ne sont pas assurées ou qui sont mal assurées généralement ne survivent pas à une catastrophe naturelle. Mais l'assurance, ça ne peut pas être le seul outil de la résilience. Ça repose sur deux principes clés de fonctionnement : 

  • Le premier d'entre eux, c'est la mutualisation. Vous le connaissez, c'est un vieux principe, les assurés qui ont la chance de ne pas être sinistré contribuent à indemniser ceux qui ont moins de chance.
  • et un deuxième sujet qui est la diversification, c'est-à-dire on est capable ; nous, assureurs, qui accueillions, qui concentrons tous ces risques dans nos bilans de les gérer parce qu'on met en œuvre des procédés de diversification. C'est de la diversification des risques de nature homogène entre branches.

Vous vous rendez bien compte qu'avec l'augmentation de la sévérité avec l'augmentation de la fréquence, ces deux principes sont mis à mal. De plus en plus de populations sont exposées et sont susceptibles d'être sinistrées. Et l'accumulation des biens et des valeurs assurées fait également que le coût de ces événements devient considérable. Additionnellement et nous en vivons tous aujourd'hui l'expérience, des phénomènes peuvent revêtir un caractère systémique qui les rend difficilement gérables par l'assurance. C'est le cas aujourd'hui, on le sait tous avec cette crise sanitaire mais on peut imaginer que demain, une succession d'évènements catastrophiques simultanés à la surface du globe, couplée à d'autres événements, compliquent sérieusement la tâche des réassureurs et mettent en danger le modèle de l'assurance de dommages aux biens.

Ce modèle, il est sérieusement chahuté depuis une dizaine d'années. C'est pourquoi les assureurs ont entrepris, pour les plus agiles d'entre eux en tout cas, d'investir dans la recherche, dans la connaissance du climat, dans la connaissance des aléas, dans la connaissance du territoire et dans la connaissance des facteurs de vulnérabilité afin d'être en mesure de faire évoluer leurs modèles d'assurance dommages et d'être toujours en mesure de proposer des garanties au plus grand nombre à des conditions de prix qui sont acceptables.

Mais ne nous leurrons pas, les primes d'assurance vont augmenter parce que l'assurance comme je vous le disait, c'est basé sur la mutualisation. Une autre façon de parler de mutualisation serait de parler de répartition. On ne peut jamais répartir que ce qu'on a collecté. Lorsque le coût de l'indemnisation est supérieur de façon continue et chronique au montant des primes qu'on a collectée, ça ne fonctionne pas. Parce que les assureurs, comme les réassureurs, fonctionnent dans un monde qui connaît des limites. Ce n'est pas la Sécurité sociale, ce n'est pas le budget de l'Etat.

Le monde qui porte ces risques-là ne peut pas fonctionner en déficit permanent. C'est donc un véritable sujet et on s'en sortira que si progresse dans notre pays, selon nous, assureurs (et on y travaille d'arrache-pied) un autre pilier de la résilience qui est celui de la culture du risque et ça, ça ne concerne pas seulement les entreprises qui ont les moyens d'investir. Mais ça concerne aussi les particuliers.

En clair, il faut qu'on arrive à une logique de mutualisation qui, souvent, était associée avec un comportement parfois déresponsabilisant. Il faut qu'on associe à cette logique de mutualisation une logique de prise en compte et d'individualisation des périls auxquels chacun de nos clients peut être exposé.
 

« Effectivement, c'est tout à fait cela. Il y a effectivement des limites, il y a de la responsabilisation. Il y a un vrai besoin de maîtriser ce risque par une meilleure culture du risque et de sa connaissance. Alors, peut-être une question pour Stijn sur cette maîtrise des risques, notamment par les images satellites et aussi les modèles qui les utilisent.

Est-ce que vous pourriez nous faire part de vos expériences ces dernières années sur ces grands progrès qui ont pu être réalisés ?

 

Stijn Vermoote Stijn Vermoote, Head of Section User Engagement at ECMWF Copernicus Services

 

« Je crois que dans le secteur de l'assurance, le programme Copernicus est surtout connu pour ses satellites, les Sentinel et peut être également les Emergency Management Services. Mais notre programme comporte également un volet changements climatique qui s'appelle C3S.

Et lorsqu'on parle d'étudier le climat, il est important de maitriser les risques liés, il est important de savoir que l'on observe qu'une partie importante de plus grâce aux satellites. Il faut avoir différentes sources d'observations et ils doivent être assimilés et intégrés dans des modèles pour obtenir des données utiles pour les prévisions saisonnières par exemple, ainsi que leurs projections à long terme dit 30 à 100 ans. Et même en regardant le passé, nous utilisons également le même modèle d'assimilation pour reconstruire le climat passé. Donc ça, c'est important à savoir. Bien sûr, sur cette base, on fournit des données, des produits, des applications de qualité garantie sur le changement climatique et en tant que service gratuit offert car Copernicus est gratuit et open source.

On peut être d'une importance pour le secteur de l'assurance et il faut savoir qu'il y a quelques exemples où on utilise déjà nos données pour ce secteur. Par exemple, on est en train de développer un catalogue dynamique sur un indice climatique extrême. C'est donc un élément très important. On a développé des applications sur les impacts de tempêtes, de vent ainsi que la donnée et les applications sur le passé et le futur qui, combinées avec les données météorologiques par exemple de Météo-France et des images satellites, par exemple du CNES fournissent une référence cohérente des informations.

Enfin, on fournit tout ça dans notre one-stop shop, c'est le Climate Data Store (CDS). Pour l'instant, on a plus de 60 000 utilisateurs et chaque jour, on télécharge des Terabytes de données, c'est énorme mais c'est une infrastructure qui n'est pas seulement là pour les données de data et les produits liés. C'est également un outil software qui permet d'opérer sur les données. En plus, les CDS permettent de donner un accès à une évaluation de leur qualité technique, scientifique et de la maturité dans différents contextes d'applications. C'est également très important. Si on veut utiliser des données, il faut savoir le contexte, il faut savoir la qualité et l'incertitude les lié pour les applications.

Pour conclure, on propose également un support technique, c'est vraiment une opération, pas qu'un projet de recherche ainsi que des formations pour les utilisateurs.

 

« C'est vraiment effectivement une grande avancée dans l'ensemble des données et la quantité de données c'est assez incroyable, ça chauffe dans les ordinateurs de tous les modélisateurs.

Pour moi, il y a vraiment trois choses importantes dans les satellites :

  • Ils apportent l'image et le film, le film décrivant ainsi mieux les dynamiques des phénomènes.
  • Il y a un aspect vision hélicoptère utile et le zoom pour avoir une vision hyper précise des phénomènes et des accumulations.
  • Et puis, évidemment, ce sont des moyens de communication et de diffusion directe, d'informations et de services qui permettent peut être aussi au secteur de l'assurance d'évoluer vers des produits peut être un peu nouveaux, y compris notamment des aspects paramétriques.

Stijn, est ce que vous pourriez nous donner déjà des prémices d'indications sur ce qui permettrait d'encore mieux anticiper les changements climatiques et les risques associés avec une meilleure précision en local et notamment les descentes d'échelles ?

 

« Je crois que mes collègues ici peuvent expliquer un peu mieux la limite au niveau spatial, mais ce que je peux partager avec vous au niveau de C3S, c'est vraiment l'importance d'avoir des outils robustes et vérifiés à faire la descente d'échelle, comme on dit le "downscaling". Si on veut travailler au niveau local, il faut vraiment avoir des outils de downscaling et surtout si on veut travailler sur les activités liées aux événements climatiques extrêmes, c'est très important.

Ce n'est pas que nous qui le faisons, par exemple en France, on a "the climate datafactory", c'est une PME qui est basée à Paris et ils offrent ce service sur base de nos données. Donc ça c'est une partie.

Une autre partie si on veut travailler, au niveau local, c'est plutôt le fait qu'on fait une livraison de services. Et c'est l'aspect de la "co-design" avec les acteurs locaux et les spécialistes du domaine de l'assurance ainsi que la rétraction ascendante sur les exigences. C'est très important pour mieux comprendre la précision au niveau local et, bien sûr, d'améliorer nos ressources chez nous pour C3S afin de répondre au mieux à ces exigences.

Le dernier point pour nous et ça c'est un peu nouveau, c'est la coopération avec les différents acteurs de la chaîne de valeur, comme on dit, qui est vraiment cruciale. Et je peux dire que dans nos plans, dans les années prochaines, c'est clairement indiqué qu'on va investir à améliorer encore plus nos liens avec nos États membres comme la France bien sûr, et travailler ensemble à servir le secteur public et le marché commercial des startups et PME à un niveau local.

 

« Jean Michel, pouvez-vous nous expliquer un peu comment les scientifiques gèrent cette descente d'échelles ?

 

Jean-Michel Soubeyroux

« Oui, les modèles climatiques que le GIEC va expertiser sont des modèles globaux qui couvrent toute la planète et donc finalement leurs résolutions dépendent beaucoup des capacités des ordinateurs à faire tourner ces modèles sur de très longues périodes, un siècle, voire plus.

Il y a quelques années, on était sur des résolutions autour de 5°C, c'est-à-dire environ une maille qui faisait 500 km. Vous voyiez à quel point on pouvait être loin des applications locales. Depuis, les choses s'améliorent au fur et à mesure.

Aujourd'hui, les modèles qui sont opérés pour le GIEC globaux sont aux alentours de 1.5°C environ 150 km. Mais on est toujours très, très loin des implications locales. Alors, pour gagner en descente d'échelle, on utilise ensuite des modèles régionaux qui permettent non pas sur l'ensemble de la planète, mais sur une zone, par exemple l'Europe, et donc là ses modèles régionaux, cette descente d'échelle qu'on appelle dynamique, permet d'atteindre des résolutions d'environ 12 km aujourd'hui.

Mais les choses évoluent assez rapidement et donc, actuellement, la recherche est en train de travailler sur des versions kilométriques pour ces modèles régionaux, notamment basés sur "Arome Climat". En France, c'est le modèle qui sert pour la prévision et on aura l'équivalent pour le climat et ça sera la prochaine génération. Donc d'ici d'ici 2,3 ans, on va commencer à avoir des résultats et peut être d'ici 5 ans ça pourrait être des données qui viendront sur le Climate data Store dont Stijn vient de nous nous parler.

Et puis, en complément, il y a aussi de la descente statistique qui permet de corriger ces données climatiques, que ce soit données globales ou les données régionales à partir de jeux de référence. Et donc, là, aujourd'hui, pour la France, on s'appuie sur une base "SAFRAN" qui permet de descendre à 8 km et on commence déjà à s'approcher d'un certain nombre d'enjeux locaux.

Et là aussi, dans l'avenir, ce sont bien les résolutions kilométriques qui sont attendues. Et puis, les données satellites vont pouvoir permettre encore sûrement d'affiner ces corrections statistiques. Et donc, je pense qu'il y a de gros espoirs en la matière.

 

« Merci, Jean-Michel, on voit qu'il y a toujours l'éternel sujet du dernier kilomètre, problème aussi connu dans la logistique.

Jean-Louis pouvez-vous nous donner un exemple de l'utilisation satellitaire ?

 

« Merci Laurent, ça va faire le lien parfaitement avec les propos précédents sur l'intérêt de travailler au niveau de résolution le plus fin et les possibilités offertes par le spatial.

Je le disais tout à l'heure, Generali, investi depuis de nombreuses années dans ces travaux et dans la recherche. On a notamment soutenu Jean-Louis Etienne dans sa traversée de l'Arctique. L'exemple que je voulais partager avec vous, c'est celui de l'interférométrie qui utilise les ondes radars et la galaxie de satellites sur lesquelles nous avons besoin pour tenter d'approcher le phénomène de retrait et de gonflement des argiles. C'est une des conséquences du changement climatique [...] qui provoque des dégats très importants en construction et c'est extrêmement coûteux pour les assureurs et les réassureurs.

On a décidé d'investir dans ce sujet avec une compagnie [...] afin de mener une campagne d'analyse la plus fine possible, permettant de mesurer par utilisation de photos satellites et surtout de ses informations radar [...] nous permettre de détecter ou d'identifier des phénomènes de retrait gonflement, argiles et quelque part de les anticiper. Ce qui permettrait alors à l'assureur et aux assurés de mettre en œuvre les rares techniques d'atténuation de ce risque-là.

Ces tests sont en cours et devraient être achevés à la fin de cette année.

 

Hélène de Boissezon Hélène de Boissezon, Expert Risques et Assurances, CNES, Modératrice

« ll y a une question sur l'importance en météo, des réseaux de stations sol, et une préoccupation exprimée sur le fait que, comme en hydrologie,

Est ce que les réseaux de stations météo restent vraiment bien maintenus et même augmentent étant donné l'importance de ces mesures ? 

 

Jean-Michel Soubeyroux

« Oui, il y a un gros effort pour maintenir les réseaux sol. Les réseaux ne diminuent pas aujourd'hui, ils évoluent parce qu'on avait certains réseaux en France qui étaient des réseaux avec des mesures manuelles. Donc là, effectivement, il y a des stations qui sont automatisées. 

Il y a un gros effort qui est maintenu sur le réseau sol, qui vient en complément d'autres moyens d'observation qui se sont développés au cours des dernières décennies, notamment tout ce qui est l'imagerie satellitaire pour la météo, on le voit tous les jours à la télé et les radars précipitations.

Donc c'est un complément d'observation qui est tout à fait indispensable, tant en météorologie que pour le climat.

 

« Ensuite, nous avons une question plutôt pour Generali, qui a évoqué le risque de problèmes systémiques avec l'accumulation de catastrophes.

Est-ce qu'Il n'y a pas des effets dominos qui sont encore accentués par cette question du dérèglement climatique dans ce que vous observez sur le terrain ?

 

« Alors oui, il y a des exemples fameux, le dernier en date c'est celui qui a concerné Fukushima et qui entre en résonance avec les propos d'un précédent intervenant sur le niveau des digues de protection face à des phénomènes de submersion marine dans ce cas provoquée par le tsunami. L'effet domino a été tout à fait remarquable, il y a eu un grand impact sur non seulement l'industrie de l'assurance, l'industrie de façon générale, mais également les chaînes de distribution alimentant des usines implantées en Europe ou aux Etats-Unis.

Donc des conséquences extrêmement lourdes et ses effets domino, on les redoute, car elles sont extrêmement difficiles à modéliser, difficiles à anticiper et pour le coup, on les subit vraiment.

 

« Merci beaucoup, une dernière question pour Benoit MEYSSIGNAC,

sur les principaux satellites qui sont utilisés par les trois groupes du GIEC, est-ce qu'ils utilisent des données ou des informations dérivées des satellites ?

 

Benoit MEYSSIGNAC Benoit MEYSSIGNAC, Contributeur GIEC, Chercheur sur le changement climatiqueau CNES et au Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiale

« Oui, bien sûr, les satellites sont absolument essentiels dans les observations. D'ailleurs, c'est une des limites qu'on a, c'est que les satellites ont des observations que depuis les années en gros 80 et que les satellites, comme disait Laurent, il y a une cinquantaine de satellites d'utilisés.

Alors les plus importants sont ceux qui étudient le bilan radiatif en haut de l'atmosphère "Cérès" qui sont les satellites américains. Il y a les satellites d'altimétrie du CNES qui font tout ce qui est niveau de la mer, perte des pertes de masse des calottes polaires qui sont aussi des satellites essentiels. La gravimétrie, on utilise l'imagerie spatiale, mais plutôt pour refaire les impacts et pour le Working Group 2 / Working Group 3 pour essayer de l'évaluer en particulier.

Là où on a beaucoup d'incertitudes, c'est quand par exemple on veut avoir une idée de l'impact que va avoir la hausse du niveau de la mer. Aujourd'hui, on n’est pas fichu de savoir combien il y a d'euros ou de dollars à moins d'un mètre du niveau de la mer, et combien de personnes sont exposées.

[...] De plus en plus de satellites sont utilisés pour le Working Group 2 / Working Group 3, c'est-à-dire essayer d'évaluer comment les impacts affectent la population, les richesses donc, aujourd'hui, c'est surtout en physique, chimie, biologie.

Mais c'est en train de s'orienter beaucoup maintenant vers le Working Group 2 et 3 sur l'économie et les impacts écologiques.

Marie-Pierre Joseph-Alberton CNES  Marie-Pierre Joseph-Alberton, Expert Marketing Usages du Spatial, CNES, Modératrice

« Très bien, merci Benoît et merci aux quatre intervenants de notre table ronde. 

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